Si Genève fait face depuis plusieurs années à une surpopulation chronique – notamment à la prison de Champ-Dollon, dont le taux d’occupation dépasse régulièrement les capacités – le canton du Jura, lui, se trouve confronté à un défi d’une autre nature, mais tout aussi critique : l’obsolescence de ses infrastructures carcérales.
La fermeture de la prison de Porrentruy est déjà actée. L’établissement, installé dans un bâtiment historique, a fait l’objet de critiques sévères de la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) et aucune mise aux normes n’est possible dans un tel bâtiment.
Cette fermeture s’inscrit dans un contexte plus large de transition pour le Jura. Si l’intégration de Moutier permet d’augmenter temporairement la capacité carcérale, les besoins dépassent les places disponibles.
Des dizaines de personnes, placées sous l’autorité du canton du Jura, sont incarcérées hors canton. Par ailleurs, le site de Delémont est lui aussi appelé à disparaître à terme. Autrement dit, le Jura fait face à un déficit structurel durable, sans disposer des moyens financiers nécessaires pour construire seul un nouvel établissement avant de nombreuses années bien que disposant de réserves foncières suffisantes.
Une réponse innovante pour plus de sécurité
Dans ce contexte, le postulat déposé conjointement par la députée suppléante Irène Donzé (JU) et le député Pierre Nicollier (GE) propose une réponse innovante : étudier la faisabilité d’un établissement pénitentiaire intercantonal sur territoire jurassien.
Ce projet permettrait de transformer deux contraintes en une opportunité commune : pour Genève, répondre à une urgence capacitaire devenue critique ; pour le Jura, anticiper ses besoins futurs tout en bénéficiant d’un investissement partagé.
Au-delà de la seule question des infrastructures, cette démarche s’inscrit pleinement dans l’esprit du fédéralisme, qui impose à chaque canton d’assurer l’exécution des peines tout en encourageant les collaborations lorsque cela s’avère pertinent. Dans un contexte où les taux d’occupation sont élevés dans toute la Suisse et où les solutions intercantonales existantes atteignent leurs limites, une telle coopération devient non seulement pertinente, mais nécessaire.
Pour le PLRJ, ce projet représente également une opportunité de développement régional : création d’emplois qualifiés, renforcement du rôle institutionnel du canton et valorisation de ses réserves foncières.
Le PLRJ appelle ainsi à ouvrir un débat constructif et ambitieux sur l’avenir de la politique carcérale en Suisse romande, en plaçant le Jura au cœur d’une solution innovante, durable et responsable.