Tribune : crise du covid 19

Marc Meier
Président du PLR – district de Porrentruy
LQJ du 25.03.2020

Depuis maintenant près de deux semaines, notre pays vit une situation inédite de mémoire d'homme. Le pays est mobilisé… à ne rien faire! Dans notre pays où le goût du travail est une valeur communément admise, cela relève d'un défi contre instinctif. Cette mise au repos forcé sera peut-être l'opportunité de réfléchir aux réels besoins qui sont les nôtres et aux priorités que nous redéfinirons une fois cette crise majeure terminée.
Seulement, personne ne connaît aujourd'hui la durée de ce ralentissement de notre vie. Le Conseil fédéral a pris un certain nombre de mesures financières pour amortir le choc économique que la Suisse et nos partenaires économiques subiront ces prochaines semaines. A l'heure actuelle, il est assez difficile d'estimer avec exactitude le coût et la durée de cette crise. Le chiffre de 100 milliards a été articulé. Tout de suite, cela a fait frémir une partie de la population tellement ce chiffre paraît astronomique. Le problème des grands nombres, c'est qu'ils sont totalement abstraits pour l'immense majorité de la population. Mais quand on peut les comparer, cela permet de les mettre en perspective. A titre de comparaison, la BNS possède actuellement environ 750 milliards de réserves de change. Une réserve de change est une sorte d'épargne. En fait, la BNS possède pour 750 milliards de devises étrangères (dollars, euro, …). Les économistes puristes diront qu'il est impossible de toucher à ces réserves sans créer à moyen terme une inflation. Seulement, cela fait maintenant 10 ans que nos partenaires créent artificiellement de la monnaie pour mettre sous perfusion leur économie et que la BNS achète cette monnaie de singe pour maintenir un cours raisonnable du franc suisse.
Le spectre de l'inflation est peut-être réel mais il est à moyen et long termes. Par contre, les difficultés des petits indépendants et artisans - votre coiffeuse, votre cousin menuisier, le taxi qui prend en charge votre grand-maman – vont arriver vite, très vite. Ces personnes n'ont pas droit au chômage, c'est comme ça. Mais elles représentent une grande part des emplois de notre pays. La Suisse n'a pas le droit de les laisser tomber. C'est pourquoi, le Conseil fédéral doit ordonner à la BNS de libérer une partie des réserves de change pour soutenir rapidement et directement, sous forme de paiements directs par exemple, ces acteurs indispensables à l'économie, et qui ont des bouches à nourrir tous les jours. Si nous n'utilisons pas nos réserves aujourd'hui, dites-moi dans quelle situation nous en aurons besoin!

Marc Meier
Président du PLR – district de Porrentruy